Extraits, triés, valorisés : le cycle vertueux des matériaux de chantier

En France, l’évolution juridique a permis de valoriser les terres de chantiers, considérées jusque-là comme des déchets. Trier, traiter et utiliser les sols et déblais de creusement permet non seulement d’économiser de la matière première, mais également de réduire les transports associés et les coûts. Dans la perspective d’exploiter au mieux et de manière sécurisée ces ressources naturelles, BG a participé à l’élaboration d’une cartographie de parcelles d’Ile-de-France et de Normandie pour passer de la démolition au réemploi, de la mise en décharge définitive à l’utilisation.

L’exploitation des ressources naturelles d’un chantier est à un tournant. Les matériaux minéraux extraits d’excavation et de percement et les terres issues de friches industrielles, entre autres, ne sont plus considérées comme des déchets à gérer, mais de plus en plus comme des matières premières. Ce changement de paradigme sert à la fois des objectifs écologiques et des objectifs de rendement.

Envisager d’autres solutions à une mise en décharge définitive des terres excavées

Cheffe de l’unité «Infrastructure Grands Ouvrages France» au sein du Domaine Infrastructures et Transports, Nathalie Monin souligne la proactivité des ingénieurs du Groupe : « Caractériser les matériaux, qu’ils soient de démolition ou de chantiers d’excavation, aide à définir les utilisations envisageables pour leur donner une seconde vie. En collaboration avec les utilisateurs (gestionnaires d’installation de stockage, carriers, cimentiers, etc.), mais aussi avec les services de l’Etat pour accompagner les nécessaires évolutions réglementaires, nos ingénieurs ne sont pas en manque d’initiative sur le sujet ».

Sous l’impulsion de législations à visées environnementales, une meilleure gestion des ressources naturelles s’impose sur les chantiers. Le groupe BG n’a pas attendu ce développement pour proposer ses compétences dans la gestion des déblais excavés en assistant les porteurs de projets complexes, comme l’aménagement urbain de l’île de Nantes, au riche passé industriel, ou pour conseiller et proposer des solutions pour les dizaines de millions de m3 de déblais qui seront générés par les grands chantiers d’infrastructures comme le Lyon-Turin ou le Grand Paris Express. Disposant d’une expertise reconnue dans ce domaine, BG vient de participer à l’élaboration d’une cartographie des sols d’Ile-de-France et de Normandie, dans le cadre du projet GeoBaPa.

Le niveau géochimique de ces sols a été évalué afin de pouvoir anticiper leur utilisation en sachant rendre compatibles chimiquement les déblais produits avec les sites pouvant les accueillir.

Reconstruire sans danger

La traçabilité des terres est un enjeu majeur de la gestion et de l’emploi des terres excavées. Pour Benoît Maréchal, responsable de l’unité environnement et sites pollués, ce paramètre garantit « l’utilisation de manière optimale et sécurisée des terres ».

Dans le cadre du réaménagement de sites, pour reconstruire sans danger pour la population, les possibilités techniques de valoriser les terres extraites sont multiples. En cas de pollution du terrain, on peut soumettre la matière à un traitement plus ou moins intensif et l’utiliser à l’extérieur du chantier pour constituer des remblais, par exemple. « Cette utilisation hors site est très encadrée, notamment en France. Elle nécessite une méthodologie bien spécifique. On doit pouvoir préciser d’où viennent les terres, quelle est leur composition, quel traitement elles ont subi et quel usage il en est fait. » L’autre approche consiste à utiliser les terres sur site, souvent en sous-couches, après un criblage pour séparer les fractions de sols de tailles différentes (sable, gravier, …).

La valorisation de ce capital naturel limite sa mise en décharge et, de fait, réduit le transport de matériaux. Les coûts de production et de transport de matériaux étaient jusqu’ici moindres que les coûts de traitement et de gestion. « La tendance est en train de s’inverser avec la mise en place de modèles de gestion des matériaux suffisamment optimisés qui permettent de trouver un exutoire pour les terres excavées et d’organiser une boucle logistique », observe Benoît Maréchal. Pour ce docteur en géologie, compte-tenu du « potentiel conséquent que représentent les terres excavées, il faut développer leur utilisation ».

(Article tiré du BG Magazine 2022, version actualisée sur le site)

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