Le BIM dans le traitement de l’eau : un outil indispensable

A l’occasion de la parution d’un dossier BIM dans le traitement de l’eau dans la revue n°435 « l’Eau, l’Industrie, les Nuisances », nous avons posé quelques questions à Alexis Pourprix, membre de la Direction générale et Directeur du domaine Eau et Environnement de BG Ingénieurs Conseils.

1/ La densification des villes ou les politiques de régionalisation imposent des contraintes particulières pour le traitement de l’eau, à la fois sur le plan environnemental et sur le plan des volumes à traiter. Quelle est l’impact de ces nouvelles contraintes sur votre métier ?

La ressource Eau est un enjeu fondamental pour notre planète, cette question ne fait plus débat. Qu’elle soit de surface ou dans nos sous-sols, qu’elle soit douce ou salée, qu’elle soit à l’état liquide ou figée dans les glaciers, la préserver n’est pas une option : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

Si les volumes à traiter à une micro-échelle n’augmentent pas, en raison d’une prise de conscience avérée des citoyens d’une utilisation raisonnée de l’eau potable, effectivement la densification urbaine, le regroupement de plusieurs installations pour des raisons d’optimisation économique et environnementale, mais aussi l’évolution de certaines normes de rejet nécessitent de nos équipes une adaptation continue, une ouverture vers de nouvelles technologies, des modes de pensées novateurs. Le traitement des micropolluants, notamment en Suisse, en est un exemple concret où, depuis quelques années déjà, BG est une référence en ce domaine, ayant à son actif des réalisations et de nombreux projets en cours de conception. Et de façon plus générale, j’insisterai sur le fait que l’optimisation globale de l’ensemble des installations pour lesquelles nous sommes missionnés fait intégralement partie de l’ADN de nos équipes projets : optimisation énergétique et économique, exploitabilité, pérennité, anticipation des évolutions majeures permettant d’anticiper une obsolescence à court ou moyen termes. Répondre à un enjeu technique n’est que la toute première partie de ce que nous devons à nos clients ; leur garantir que ce dont ils disposeront sera optimisé, en fonction de leurs spécificités techniques ou organisationnelles, fait appel à une multiplicité de compétences que BG peut s’enorgueillir de posséder.

2/ Le BIM devient un outil de management incontournable dans le secteur du traitement de l’eau. Quel potentiel voyez-vous pour l’utilisation du BIM dans ce secteur d’activité, au-delà de la modélisation 3D des infrastructures ?

Derrière l’acronyme BIM se cache un champ de possibilités qui, sans être infinies, demeurent néanmoins très significatives. Elles couvrent l’entier de la vie du projet, et si aujourd’hui le BIM est souvent résumé à une notion de maquette 3D pluridisciplinaire en phase de conception, les enjeux de cette technologie vont bien au-delà. Effectivement, au-delà des indéniables avantages liés à la mutualisation d’une maquette unique où chaque acteur vient implémenter ses besoins et de facto ses contraintes, profitant ainsi de la puissance des outils pour la détection d’incompatibilités de design, le BIM est un outil dont le potentiel s’exprime lors des phases de construction puis d’exploitation et maintenance. Apporter aux équipes sur le chantier ainsi qu’à nos maîtres d’ouvrage une vision numérique des ouvrages et des équipements, avec un référencement univoque de chaque sous-ensemble, dans un environnement tridimensionnel, contribue à une efficience globale des prestations, une adaptation facilitée aux inévitables aléas, une communication fluidifiée. Et lorsque les installations sont en service, pouvoir bénéficier d’un outil accompagnant l’exploitation et la maintenance, est un atout considérable, bien au-delà de l’agrégation de données, pour l’optimisation des ouvrages tout au long de la phase opérationnelle et lors du démantèlement. Car si les coûts d’investissements représentent un coût initial conséquent, ceux liés à l’exploitation sont non seulement significatifs mais aussi récurrents sur des dizaines d’années

3/ Quels sont les défis auxquels la branche doit faire face dans l’implémentation numérique dans le domaine du traitement de l’eau ? Comment répondez-vous à ces défis ?

Contrairement au domaine du bâtiment extrêmement mature en ce domaine, bénéficiant déjà de quasiment une décennie de mise en place, le domaine de l’eau ne s’est réellement lancé dans ces démarches que récemment, avec des temporalités et des maturités hétérogènes entre nos 2 terrains de jeu principaux que sont la Suisse et en France. Sans qu’on puisse résumer ce lancement différé à une ou deux raisons, il est néanmoins probable que l’implémentation numérique d’une foultitude de métiers aussi différents que le génie civil, les équipements électromécaniques dans le domaine de l’eau, l’électricité et les automatismes, les fluides, le second œuvre ait contribué à une phase préalable d’appréhension de la thématique BIM plus conséquente.

Dans ce contexte, BG possède des atouts indéniables. J’en citerais deux en particulier :

– Les projets pluridisciplinaires sont l’une de nos marques de fabrique historiques : nous gérons en interne depuis de nombreuses années l’ensemble des thématiques précitées. Si travailler en numérique nécessite une évolution culturelle importante par rapport aux traditionnelles planches à dessins puis outils type Autocad 2D, comprendre le langage métier de chaque collaborateur reste une constante sans laquelle rien n’est possible.

– Et, en Suisse, le maître d’œuvre a en charge les études d’exécution, les entreprises de travaux devant réaliser l’acte de construire sur la base de nos prescriptions : cette exigence, inscrite dans l’ADN de l’entreprise, confère à nos équipes une connaissance intime des travaux à réaliser, contribuant inexorablement à une appréhension extrêmement précise de la finalité de la maquette numérique, véritable outil au service du projet et de ses acteurs, et non pas simple avatar 3D marketing.

4/ BG a remporté de beaux projets en Suisse ces dernières semaines. Quels sont les atouts de BG sur le marché ?

Effectivement, nous avons eu le plaisir en cette rentrée de septembre d’être désignés attributaires de magnifiques projets tels que l’extension de la Station d’épuration d’Aigle, intégrant des traitements complémentaires comme celui de l’azote ou des micropolluants, ou celui relatif à la refonte de l’usine de traitement et de valorisation des déchets de La Chaux-de-Fonds.

Il est toujours compliqué de résumer des succès à quelques points singuliers ; néanmoins, je suis pour ma part intimement convaincu que BG a su depuis plus de 65 ans accompagner ses clients en étant à l’écoute de leurs préoccupations, en fournissant des prestations à haute valeur ajoutée, créatives et innovantes, avec des hommes et des femmes fiers de porter nos couleurs. BG a su s’adapter aux évolutions sociétales, techniques, réglementaires ou normatives, parfois même en les anticipant.

Le BIM, s’il constitue indubitablement un palier très important dans notre mode de fonctionnement, est désormais implémenté au sein de nos équipes, assimilé comme toutes les évolutions précédentes l’ont été. Ainsi, fort de nos expériences et références des décennies précédentes, jouissant auprès de nos clients d’une réputation à la hauteur de notre engagement quotidien, cet outil vient renforcer notre positionnement de groupe d’excellence au cœur de nos différents marchés.

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